Grève à La Poste : quels sont les points de discorde ?



Jeudi 8 Décembre 2016
Anton Kunin

La journée du 8 décembre a été marquée par une grève des postiers. Un mouvement peu suivi, mais qui témoigne d’un profond malaise au sein de l’entreprise.


Fait indéniable : le volume du courrier a baissé de 30 % entre 2008 et 2015. Face à ce constat, la direction entreprend régulièrement des réorganisations. Trop souvent et contre l’intérêt des salariés, répliquent ces derniers.

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Et les réorganisations, la direction de La Poste semble déterminée à les mener, au point de faire l’impasse sur les conditions de travail souvent catastrophiques. Éléments clés de ce projet : les Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail. Leur avis est en effet indispensable pour qu’une réorganisation puisse être entamée. Pour ne pas accepter leurs diagnostics, La Poste utiliserait tout un éventail de prétextes, le premier desquels est la contestation des devis. « Tarif de la journée trop élevé », « nombre de journées d'intervention excessif » ou « frais de déplacement » non justifiés : ces formules sont extraites des consignes envoyées aux directions régionales de La Poste, révélait le journal L’Humanité en octobre dernier. Les postiers, à leur tour, craignent que leurs entretiens avec les CHSCT ne soient vus d’un mauvais oeil. Nombre d’entre eux redoutent d’être privés de la prime de Noël, raison pour laquelle certains ne se sont pas joints au mouvement de grève, selon le syndicat SUD-PTT. « Faux », lui répond la direction de La Poste : la prime de Noël ne concernerait, selon elle, que 2 000 postiers.

Des économies de moyens humains

Autre point de discorde : les suppressions d’emplois et les fermetures de bureaux de poste. Au total, la Poste a perdu 7 300 emplois équivalents temps plein en 2015. Depuis 2008, le nombre de ces fins de contrat non remplacés s’élève à 48 032. Ces chiffres seraient atteints grâce à un recours massif aux intérimaires, aux apprentis et aux contractuels. Ces derniers représentent aujourd’hui 45 % des effectifs de La Poste. Craignant de se faire licencier, ils n’oseraient pas demander la révision de leur statut, selon les syndicats.

La rémunération des facteurs n’est pas non plus enviable : payés au SMIC au début, ils passent à 1 681,25 euros au bout de 28 ans d’ancienneté. Travaillant six jours sur sept, ils sont soumis au régime des 35 heures, mais uniquement sur le papier : les heures supplémentaires sont monnaie courante, et elles ne sont jamais payées.

Face à ces réclamations et au mouvement de grève, La Poste s’est contentée d’un communiqué de presse concis : « L’appel à la grève lancé par CGT, SUD, UNSA pour la journée du 8 décembre est suivi par 3,76% du personnel de La Poste ce matin ».








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