Pascal Chaigneau : "dans une prise de décision tout investisseur doit corréler le degré d’attractivité économique et le risque pays"



Mercredi 11 Juillet 2012

Spécialiste des Relations Internationales et auteur de plusieurs ouvrages sur le thème du risque international, Pascal Chaigneau est par ailleurs directeur scientifique du mastère en management des risques internationaux de HEC Paris. En tant qu’avocat en spécialiste du droit international, docteur en économie, en droit et en science politique et directeur du département de Science Politique de l’Université Paris Descartes, il a notamment publié des livres sur les circuits internationaux du blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, ou encore la criminalité financière. À l’ère de la globalisation, l’intensité des échanges multiplie le risque géopolitique encouru par les entreprises et justifie la prise de certaines précautions par les professionnels. Pascal Chaigneau nous en donne un aperçu.


Pascal Chaigneau : "dans une prise de décision tout investisseur doit corréler le degré d’attractivité économique et le risque pays"

Economie-Hebdo: Quels types de problèmes incluez-vous dans la notion de risque géopolitique ?

Pascal Chaigneau :  Le risque pays est au cœur de la préoccupation. En fait, tout investisseur doit corréler, dans une prise de décision, le degré d’attractivité économique et le risque pays.

Economie-Hebdo: Le terrorisme est-il le risque géopolitique le plus fréquent aujourd’hui ?

Pascal Chaigneau : Objectivement non, ces manifestations sont hyper médiatisées et anxiogènes mais extrêmement limitées en nombre. En fait, les phénomènes insurrectionnels, les changements de régime suivis de nationalisation sont les risques les plus récurrents.

Economie-Hebdo: Ces risques touchent-ils les petites et les grandes entreprises de la même façon ?

Pascal Chaigneau : Dans le cas des PME, le risque peut être fatal alors que sa couverture est toujours programmée dans les grandes structures.

Economie-Hebdo: En quoi la nationalité d’une entreprise constitue-t-elle un facteur déterminant du risque géopolitique ?

Pascal Chaigneau : De moins en moins dans la mesure où il est chaque jour plus difficile d’établir la nationalité d’entreprises transnationales. Il n’en demeure pas moins que les entreprises qui symbolisent l’Amérique demeurent des cibles clés. Nous-mêmes Français, avons expérimenté à nos dépens le phénomène avec AREVA sur le site d’Arlit au Niger.

Economie-Hebdo: Quelles sont les zones géographiques particulièrement sensibles pour les entreprises françaises ?

Pascal Chaigneau : Le Sahel est devenu la zone la plus sensible pour nos entreprises. Le coup d’État au Mali en mars 2012 n’a fait qu’aggraver le problème dans la zone.

Economie-Hebdo : De quels réflexes recommanderiez-vous l’adoption à une entreprise lorsqu’elle inaugure une relation avec un partenaire dans un territoire sensible ?

Pascal Chaigneau : Se doter d’une excellente assurance y compris pour ses cadres expatriés et recourir à des sociétés de sécurité dont la compétence est avérée.

Economie-Hebdo : Sur le plan économique, plus classiquement, comment classeriez-vous les risques internationaux pour une entreprise ?

Pascal Chaigneau : Par ordre d’importance si l’on pense aux conséquences économiques et financières, je dirai : le risque de nationalisation, le risque de transfert, le risque de couverture, le risque de taux.




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